L'Islande, terre de feu et de glace

"Islandite : symptôme d'attachement pouvant durer de quelques jours à quelques mois, et, dans une majorité de cas, plusieurs années. Certains individus en sont atteints de manière irréversible".
J'en fais partie.
Il y a quelques années, en juillet, c'était parti pour le grand tour de l'Islande par la mythique route n°1. Voyager en Islande au cœur de l'été, c'est apprivoiser la lumière encore très présente du soleil de minuit, traverser des paysages où les éléments dictent leur propre loi, vivre un road-trip où chaque virage offre un nouveau décor, et c'est le moins que l'on puisse dire !
Voici le carnet de route d'une boucle complète entre volcans, glaciers et fjords sauvages.
Du cercle d'or à la côte sud : la puissance brute des éléments
Le périple débute par les incontournables, et les plus visités, de la région du "Cercle d'Or" : les jaillissements réguliers du geyser Strokkur, la puissance assourdissante de la cascade de Gullfoss et le cadre historique de Thingvellir, où les plaques tectoniques s'écartent sous nos pieds.
Une mise en bouche saisissante, malgré un temps à la hauteur de ce que l'on pouvait redouter... Mais aussi de ce que l'on pouvait espérer, car ce fut la seule journée vraiment pluvieuse.
En mettant le cap vers le sud, la route déroule son ruban entre montagnes verdoyantes, cascades disséminées dans le décor, et plages de sable noir.
Autour de Vík et Kirkjubæjarklaustur, le contraste entre la mousse verte (presque phosphorescente) et le basalte sombre est frappant. Plus loin, le parc national de Skaftafell nous rapproche des glaces.
Un des moments forts, toujours présent dans nos pensées, aura été la découverte de la lagune glaciaire de Jökulsárlón. Voir d'immenses icebergs bleutés se détacher silencieusement du glacier pour dériver vers l'océan est un spectacle inoubliable.
Des fjords de l'est au nord sauvage : Mývatn et les géants des mers
Après une halte à Höfn pour déguster les langoustines locales, la route s'enroule autour des fjords de l'Est.
Le paysage devient plus intime, rythmé par des villages de pêcheurs isolés (dont Grundarfjörður, jumelé avec Paimpol en Bretagne !), et des brumes accrochées aux crêtes jusqu'à Egilsstaðir.
Puis, le décor change radicalement dans la région du lac Mývatn.
Ici, la terre fume et exhale des odeurs de soufre. Cratères, champs de lave et marmites de boue bouillonnante donnent l'impression de marcher sur une autre planète. C'est peut-être le cas, d'ailleurs.
Autre moment inoubliable, à proximité, l'excursion en bateau au départ d'Húsavík.
Sortir en mer dans la baie de Skjálfandi, et découvrir pour la 1ère fois les baleines à bosse remonter à la surface à quelques mètres du bateau... Fabuleux.
De la péninsule de Snæfellsnes à Reykjavik : l'Islande en condensé
Après avoir trempé ses pieds dans la mer du Groenland (?!), et en poursuivant par la côte Nord, le chemin bifurque vers la péninsule de Snæfellsnes, souvent surnommée « l'Islande en miniature ». En une seule journée, on y croise le pic emblématique de Kirkjufell, des champs de lave recouverts de mousse, des falaises peuplées d'oiseaux marins et le majestueux glacier Snæfellsjökull.
Le voyage s'achèvera en douceur à Reykjavik, une capitale à taille humaine, colorée et chaleureuse, idéale pour réapprivoiser la civilisation après cette grande immersion sauvage.
Le mot de la fin
Boucler la route n°1 en été, c'est l'itinéraire idéal pour en prendre plein la vue sans (trop) courir. On roule au calme, les paysages changent toutes les deux heures, et avec la lumière quasi permanente, on ne presse jamais le pas.
Ce tour complet reste l'un de mes road-trips préférés, brut et accessible, exactement comme je les aime.







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